Archives de Catégorie: JOURNAL

AINSI SOIT-IL

Me revoici après moult journées d’absence, dues à d’intenses révisions (pensez-donc, la veille du partiel de littérature j’en étais encore à lire les oeuvres alors…). La véritable raison de mon manque d’activité prolongé sur le blog, c’est d’abord une profonde remise en question: ai-je envie, ou plutôt besoin d’écrire? Est-ce que j’y trouve un intérêt? Y’en a-t-il un également pour vous? L’ironie de la question est que j’ai toujours eu en sainte horreur beaucoup d’écrits journalistiques, médiocres et prétentieux, si loin de l’écriture littéraire, et j’ai cependant l’impression de devenir moi-même une journaliste, en réduisant mes impressions à quelques mots inopportuns et gauches. Accessoirement le niveau de narcissisme des blogs m’effraie, et à nouveau je me retrouve à parler sans cesse de moi. A vouloir trop bien faire, je suis tombée dans les deux écueils que je souhaitais éviter plus que tout. Donc j’en étais arrivée à la conclusion que cet exercice de style sans grand intérêt pouvait tout aussi bien s’arrêter. Mais finalement, tenir un blog apporte quelque chose, cela permet d’avoir une perspective dans la lecture des livres, lors de la visite d’une exposition: c’est entrevoir son expérience culturelle d’un regard extérieur, en se disant Comment mettre des mots sur ce que je vois/lis? Je suis davantage concentrée sur ce qui ressort de l’oeuvre, je tente d’aller au fond des choses. C’est aussi un entraînement à l’écriture (qui reste un fantasme latent), choisir avec attention la bonne formule, dire le ressenti, pour mieux appréhender par la suite les autres livres, les autres films… Chaussons rouges n’est donc pas mort – le pauvre, il était à peine né – et j’ai encore des tas de choses à partager. Ces derniers temps j’ai lu Malaparte, Melleville, Michon, Claudel, Corbière, le vénéneux Lautréamont (le programme d’un semestre grosso modo) et en ce moment je suis à l’attaque de La chartreuse de Parme. Et puis je suis en vacances désormais, donc les expositions vont vite reprendre. Autant vous dire que les Chaussons rouges reviennent, et qu’ils sont plus motivés que jamais! Deux infimes ajouts: il est odieux de tomber sur des photos de petites tueries à la noix de coco quand on tape Raffaello sur google images, mais c’est toujours mieux qu’en français où Raphaël est un chanteur post-pubère avant d’être un peintre de génie. Sinon ce nouvel arrière-plan me semble du plus bel effet, et les hirondelles sont vraiment top moumoute.

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MA BRETAGNE QUAND ELLE PLEUT

De retour après mes vacances bien méritées (et hors période scolaire), laissez-moi vous conter mon amour pour la verdoyante Bretagne, où il ne pleut pas tout le temps, à peine très souvent. Alors que la France s’enlisait dans la torpeur pluvieuse d’un mois de mai grisâtre, je pédalais comme une forcenée le long du canal de Nantes à Brest. Etant aussi sportive qu’un koala tétraplégique ces derniers mois, l’effort fut intense pour venir à bout du parcours – 275km de vélo, dont une journée à 90km de départementale, j’ai comme on dit pris cher. Désormais la peau de mes bras, brûlée au troisième degré par un soleil tenace (toujours mille fois préférable à la pluie brestoise de la fin du périple), alliée à une marinière de grosses mailles, font de moi une héritière légitime d’Olivier de Kersauson. J’ai mangé des croissants jaunes de beurre, des crêpes de blé noir à l’andouille, du jambonneau, des caramels au beurre salé, le tout arrosé de cidre brut: je songe sérieusement à partir vivre en Bretagne à la fin de mes études. Les Bretons aiment leur région, la revendique sans basculer dans un nationalisme étroit, et sont somme toute bien accueillants (j’achève mon éloge en précisant qu’il y a au moins autant de vaches qu’en Normandie, et c’est tellement beau une vache – quel animal poétique, vraiment)(ce n’est pas du second degré). Les vacances à vélo, c’est le compromis idéal pour profiter de la nature, faire un peu de sport – pour manger comme quatre – et respecter l’environnement. Mais non cette dernière phrase n’a pas été piquée dans une brochure Center Park.

SAFETY LAST

 J’ai un peu mal dormi à cause de ma voisine alcoolique qui s’époumone la nuit sur le pallier (cette femme a de la gouaille, comme qui dirait). Enfin je crois que je la préfère aux deux vendeuses de Zara qui écoutent Kenza Farah et s’esclaffent à trois heures du matin en semaine. Seule la grand-mère asiatique ne parlant pas du tout français et qui regarde la télé peut-être 17h par jour ne m’est pas trop antipathique. Un jour je vivrai à la campagne. Quand je saurai quoi faire de mes dix doigts. Pas demain la veille. Jusque-là je ne vous ai pas révélé le motif de l’article: Safety last!, ou la preuve qu’un film en noir et blanc, muet, et datant de 1923 peut être positivement tordant. Si vous avez l’occasion de le voir, ne perdez pas de temps! Ils le jouent (expression que j’exècre, donc que j’emploie) à la filmothèque du Quartier Latin, rue Champollion – rien ne vous empêche de sécher un cours de lexicographie pour y aller. C’est sans lien aucun mais une question me taraude depuis ce matin: se faire siffler par un éboueur, est-ce une bonne chose?

AU PAYS DU LARD ET DU MUNSTER

N’allez pas croire que les Vosges sont un département has-been sous prétexte que leur chef-lieu est Epinal et que ces montagnes sont aux Alpes ce qu’un jockey (l’homme, pas le yaourt) est pour un joueur de NBA. On peut tout à fait y passer de dignes vacances d’hiver, mais il est conseillé d’aimer le munster (ce que tout être se doit de faire)(le fromage, c’est la vie) et les myrtilles. Après dix ans d’abstinence, je me suis remise à skier, et ce sans aucune chute – c’est mon blog, je m’envoie des fleurs. La tentative de snowboard ne compte pas, étant donné que je n’ai quasiment pas réussi à tenir debout – mon arrière-train a tâté de la poudreuse, mais alors sévère. J’ai aussi eu le plaisir de faire une balade en chiens de traineau: les clébards ont craché leurs poumons, braves petites bêtes. Comme mon avenir professionnel s’apparente à un flou très artistique, j’envisage sérieusement de devenir premier lutin du Père Noël et de conduire le traineau – toutous des neiges et rennes, même combat.

LANA DEL REY

Mon penchant pour l’originalité a toujours été très fort: preuve en est, j’aime Harry Potter et le fondant au chocolat. J’ai aussi un charmant petit temps de retard sur la plupart des tendances, sans pour autant me balader en Buffalo. Aussi je voudrais vous partager mon enthousiasme pour Born To Die, album sorti depuis déjà trois semaines. Comme bon nombre de compatriotes du monde entier, j’ai découvert la fameuse Lana Del Rey à travers la publication de ses vidéos sur youtube (qui posent par ailleurs la question de la légitimité à se filmer par webcam, hors contexte skype). Je dois avouer que je l’écoutais déjà en boucle, attendant avec impatience la sortie de son premier album. Depuis que je possède ledit objet, soit cinq jours seulement – cadeau d’anniversaire oblige – il ne me quitte plus. Loin de moi l’idée de faire un pseudo éloge foireux des chansons, bien d’autres l’ont fait pour moi et je ne suis absolument pas expérimentée en la matière. Sans prétention aucune, je partage seulement ce qui m’interpelle. Certes le personnage de Lana Del Rey, d’un narcissisme soigneusement travaillé, est à n’en pas douter un pur produit marketing, avec label « fait maison devant le mac » et packaging Hip Hop Fifties. Mais qu’importe, un constat s’impose: en écoutant Lana, on se sent sexy. Je ne me lasse pas de sa voix grave, certainement plus intéressante que ses lèvres refaites, et de son melting pot d’influences musicales. Alors oui, je suis une pauvre victime des grands producteurs américains qui me dictent quel produit formaté je vais désormais consommer: ainsi soit-il, je laisse les intarissables vilipendeurs loin derrière moi, et je prends simplement du plaisir.

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