UNE PASSION FINLANDAISE

Avant, quand on me disait « Finlande », je pensais au Père Noël, à Kimi Räikkönen et à la sélection de sous-titres Suomi. Mais depuis ce matin, je peux ajouter Akseli Gallen-Kallela à mes connaissances finnoises. En effet, je suis allée voir la dernière exposition gratuite qui m’intéressait – rendons-nous à l’évidence, je vais devoir raquer les prochaines semaines, une rétrospective du peintre Gallen-Kallela au musée d’Orsay. Je ne vais pas faire ma pompeuse, je ne connaissais absolument pas le bonhomme avant de voir les affiches, et justement c’était l’occasion de combler une lacune (haut potentiel de fanfaronnade dans les cercles mondains)(Comment? Vous ne connaissez pas Gallen-Kallela? Mon Dieu mais il est in-con-tour-nable, vraiment!). Pour vous situer la chose, Akseli (1865 – 1931) compte parmi la crème du génie finlandais – OK enfin on ne connait pas les autres, certes – et a mené une longue et brillante carrière de son vivant. Il n’avait jamais jusqu’alors fait l’objet d’une exposition chez nous, pourtant ses liens avec Paris ont toujours été très étroits: dès 1886 il part y faire ses études dans différentes académies, il participe à l’exposition universelle de 1900, expose à nouveau dans la capitale en 1908… C’est d’ailleurs en France à la fin du XIXème qu’il fréquente, entre autres artistes du Nord (pas des ch’tis), Edvard Munch, et forcément lui vous voyez bien qui c’est. En revanche, tenter de situer Akseli parmi les nombreuses mouvances artistiques, c’est un poil plus complexe, considérant que le monsieur a touché à tout. Oui, Akseli a bouffé à tous les râteliers: du naturalisme au symbolisme, du nationalisme romantique à l’expressionnisme… L’exposition revient sur toutes les périodes de sa carrière, et rassemble un nombre limité d’oeuvres, mais de haute qualité. Akseli est notamment remarquable pour avoir repris la légende nationale du Kalevala, une épopée avec des personnages aux noms évocateurs, comme le barde Väinämöinen, le guerrier Lemminkäinen… Bref tout le monde se castagne là-dedans pour un objet merveilleux qui donne un pouvoir absolu à celui qui le possède. Vous imaginez peut-être un Graal, un bocal à anchois (Kaamelott, ou l’assurance d’une bonne vanne en chaque occasion), mais en réalité il s’agit d’un moulin, chose aisément transportable. Quoiqu’il en soit, je vous conseille cette rétrospective, certaines toiles sont superbes: Akseli joue avec le pâle soleil d’hiver, l’éclat rougeoyant de l’âtre, et représente son pays de manière stylisée, mythique. Les portraits m’ont surtout impressionnée, ils semblent réalisés en deux coups de pinceau mais sont de fait d’une exquise précision. Toutes ces petites merveilles sont à admirer au musée d’Orsay, jusqu’au 6 mai, et vous en aurez fait le tour en trois quarts d’heure, alors cela vaut bien un petit crochet.

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