DE BELLO GALLICO

Si vous avez du temps libre, n’allez pas voir Les Adieux à la reine, ça ne vaut pas grand chose, éventuellement pour un concours de bâillements, mais c’est un peu cher alors. Chantal Thomas, qui connaît bien Marie-Antoinette, a publié en 2002 un roman (donc une fiction) dans lequel la reine entretenait une liaison semble-t-il amoureuse avec sa favorite, Gabrielle de Polignac. Ce film en est l’adaptation, malheureusement il passe discrètement sur le caractère fictionnel des sources, et laisse à penser que son contenu est historiquement valable. Ô est-il besoin de rappeler sans cesse que RIEN ne dit que Marie-Antoinette fût lesbienne, à part les pamphlets révolutionnaires, dont l’objectivité n’est pas évidente. Certes les liens d’amitié avec Lamballe puis Polignac se sont trouvés particulièrement exacerbés,  du fait de la solitude éprouvée par la reine dans sa prison dorée, ça ne veut pas dire qu’elles s’envoyaient en l’air pour autant. Alors a contrario on peut toujours affirmer que rien n’empêche qu’elles aient eu des relations lesbiennes, mais rien n’empêche que je sois sortie avec DiCaprio non plus… Bref quand on ne possède pas l’exactitude historique, on essaie à défaut de trouver une esthétique, comme Coppola dans son sublime Marie-Antoinette.

En revanche utilisez vos heures creuses à bon escient, visitez l’exposition Un fleuve pour mémoire au Louvre. Gratuite pour les moins de 25ans, très courte (40mn), elle présente l’incroyable histoire des fouilles d’Arles. En effet, les Romains du premier siècle av JC utilisait le Rhône comme une voie navigable entre la Méditerranée et le Nord de l’Europe, mais aussi comme un dépotoir: des centaines d’objets d’une qualité exceptionnelle ont été retrouvés, parfaitement conservés dans la vase et les sédiments. L’exemple le plus célèbre, et de toute beauté, reste le buste de César: la question subsiste sur l’identité de l’homme sculpté, sans doute s’agit-il du dictateur qui aurait mieux fait de roupiller chez lui aux ides de Mars (toujours faire confiance aux prédictions mon Julo…). Quoi qu’il en soit, la qualité des oeuvres est stupéfiante, et l’exposition bien faite en ce qu’elle explique les techniques de moulage antiques. Pas des branques, ces Romains ! 

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