LES INFIDELES

Comme cela faisait un bon moment que je n’avais pas entendu parler de Jean Dujardin (2h10 environ), j’ai décidé cet après-midi d’aller au cinéma voir un film à petit budget dont peu d’entre-vous ont dû entendre parler: Les Infidèles. Passant outre des accidents de parcours inquiétants: hurlements d’origine inconnue dans le métro (Môme pris de spasmes? Crise d’angoisse? Torture en publique? La chose m’a troublée. Et le mystère demeure entier), présence d’un troupeau de collégiens dans l’entrée du cinéma (mes suppliques envers Dieu les ont poussés dans une autre salle), presqu’indigestion suite à une overdose de pamplemousse chinois (je ne POUVAIS pas m’arrêter)… J’ai pu profiter d’un divertissement de qualité – cette expression m’ouvre les portes de la rédaction de Télé Loisirs. Plus sérieusement, le film est vraiment bon, et réunit pas mal des meilleurs acteurs comiques français d’aujourd’hui (ça fait beaucoup de qualificatifs), dont l’inénarrable Isabelle Nanty – son expression me ravit toujours. Le plus drôle reste incontestablement Guillaume Canet, métamorphosé le temps d’une séquence en insupportable fils à papa catholique accro à l’adultère. Enfin je me dois quand même de l’avouer, Dujardin et Lellouche sont loin de me laisser insensible… J’en profite aussi, comme les absurdes polémiques sur les affiches du film ont fait couler beaucoup d’encre, pour évoquer la part de féminisme des Infidèles: loin de présenter les coureurs de jupons en charmants séducteurs, le film montre surtout le pathétique de leur condition. C’est plutôt la réaction des spectateurs qui prête à confusion. Derrière moi dans la salle se trouvaient trois petits trolls à peine plus jeunes que moi: lors d’une séquence dans laquelle le personnage d’Alexandra Lamy révèle son infidélité, après que celle de son mari a été longuement commentée, j’ai eu l’honneur d’entendre fuser à mon oreille des commentaires tels « Ahhh la pute! »… Forcément, quand c’est dans l’autre sens, c’est toujours une salope, bien loin des « besoins naturels » propres aux mâles. Bref, comme dirait l’autre, j’adhère au film, et à sa fin délirante au sens propre.

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